Dans le numéro 11 de la revue allemande POLAR (sociologie, politique, quotidien), numéro consacré aux notions diablement réjouissantes de Risque et de Sécurité, je publie un article autour de l'essai de Pierre Bergounioux : "Jusqu'à Faulkner".L'article est traduit en allemand par Anne Sailer.
CHAIR ASSISE
Les écrivains, les intellectuels, les artistes adorent le risque, adorent surtout le dire, haut et fort. Impossible de les arrêter sur ce point, ils sont intarissables, le risque les excite. Ils sont prêts à proclamer avec Rimbaud, et sans l’excuse de son jeune âge : « Je me suis séché à l’air du crime. »
On s’en souvient même d’un, emmitouflé dans de grosses chaussettes de laine tricotées par sa femme aimante, qui dans le demi-jour de la hutte de Todtnauberg citait Hölderlin avec des trémolos dans la poitrine : "Wo die Gefahr wächst / wächst das Rettende auch" – on sait qu’il a mal tourné ensuite, espérant Dieu dans des interviews au Spiegel.
Tout le problème est là, précisément, dans la manière dont ces vers admirables sont gâchés à force d’être trop fréquemment cités, généralement suivis ou précédés du fameux fragment d’Héraclite sur le conflit père de toutes choses. Les rodomontades autour du risque et de la vie dangereuse ont toujours quelque chose d’un peu louche dans l’atmosphère confinée des bibliothèques.
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La suite en allemand ici :
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